La reproduction est un élément clef dans l’élevage porcin.
On estime qu’une truie vide à l’échographie remise à la reproduction coûterait 861 euros et qu'une réformée coûterait 934 euros (Tableau 1).
Il est donc indispensable d’optimiser son protocole d’insémination, de détecter le plus précocement possible les truies vides et de réduire le nombre de jours non-productifs.
Pour cela, l’échographie est utilisée comme outil de contrôle à la fois par les techniciens, les vétérinaires et les éleveurs eux-mêmes.
Plusieurs utilisations sont possibles : parmi les plus connues, il y a les échographies à 21-28j qui peuvent être complétées d’une deuxième échographie à 6 semaines de gestation pour détecter les truies qui auraient avortées entre temps.
Plus anecdotiques, les échographies ovariennes au moment des chaleurs, utiles notamment pour les cas d’infertilités non sanitaires et les échographies après mises-bas, utiles lors de suspicion de rétention de porcelets post-partum.
Exprimé en euros/truie concernée |
Truie vide à l’échographie |
Avortement à 85j de gestation |
Remise à la reproduction |
861 |
915 |
Réformée |
934 |
988 |
(tableau 1 : calculateur SIM'prej de l'IFIP)
1- Echographies de gestation
Quels objectifs pour ce type d’échographies ?
L’objectif de ces échographies est de détecter la présence ou non d’embryons mais pas seulement ! Effectivement, il est également possible de détecter des problèmes urinaires mais également des kystes ovariens. Une première échographie peut être réalisée dès 21 jours avec une image plus nette et facile à apercevoir à 28 jours.
Une seconde échographie peut être faite à 6-7 semaines de gestation. Elle a pour objectif de détecter les avortements précocement notamment ceux liés à la mise en groupe.
En quoi cela consiste ?
Pour la réaliser, il est plus facile de se positionner sur le côté droit de la truie (à gauche la masse intestinale peut gêner la visualisation).
Placez-vous au niveau du flanc et posez la sonde. Cherchez comme point de repère la vessie qui apparaît en noir sur votre échographe et vous permettra de trouver plus facilement l’utérus derrière

Deux images sont possibles :
- La première est une image de truie pleine. On y distingue nettement les embryons représentés comme des « boules noires » assez rondes (à 28j et plus allongées à 6-7 semaines) et en quantité importante (plus de 4 embryons pour permettre de maintenir la gestation).
- La seconde image est une truie vide.


2- Echographies pour détecter des problématiques comme les kystes ou des cystites
Quels objectifs pour ce type d’échographie ?
L’objectif de ces échographies est de détecter la présence de kystes ovariens pouvant perturber la fertilité et être un motif de réforme.
L’objectif pour la détection de vessie présentant une infection est de pouvoir traiter au plus vite et pouvoir émettre une hypothèse quant à l’infertilité de cette truie.
Pour ces deux échographies, elles peuvent être réalisés en même temps que les échographies de gestation à 21 ou 28j.
En quoi cela consiste ?
C’est le même principe que les échographies de gestation. Pour la réaliser, il est plus facile de se positionner sur le côté droit de la truie (à gauche la masse intestinale peut gêner la visualisation). Placez-vous au niveau du flanc et posez la sonde.
Pour les kystes, ils sont situés à proximité de la vessie et se présentent comme des « boules noires » bien rondes de plus d’1cm de diamètre.

Les vessies présentant une inflammation ressemblent à des flocons de neige qui flottent dans la vessie.
Pour terminer, il existe ici des échographies ovariennes qui demeurent les plus techniques et sont encore peu pratiquées sur le terrain. Elles nécessitent une certaine technicité et du matériel spécifique.
L’objectif de ces échographies est de détecter le moment d’ovulation de la truie afin de déterminer le moment idéal d’insémination.
Ces échographies sont réalisées par votre vétérinaire dans le cadre de fertilité en baisse ou insuffisante avec des problématiques de retours cyclés.

Article rédigé par Laura Jégou, vétérinaire Chêne Vert.

Laura Jégou est diplômée de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse depuis 2021.
Elle exerce en production porcine au sein de Chêne Vert sur le site de Lécousse depuis 2021.
Laura est également passionnée de nouvelles technologies, elle a notamment, pendant ses études, créé une application à destination des éleveurs porcins qui vise à améliorer le bien-être des truies.